Posts filed under ‘Mini sélection lecture’

Une nouvelle sélection à découvrir…

Sur le catalogue en ligne de la bibliothèque,

Eveline vous a concocté une nouvelle sélection :

Quand la fiction rencontre l’art,

cela donne de jolis romans

et des BD intéressantes…

A découvrir en suivant le lien ci-dessous :

Art et Fiction

Et si vous avez d’autres idées, faites-nous signe…

nous les ajouterons !

Et n’oubliez pas que pour réserver en ligne,

il faut au préalable vous connecter à votre compte bibliothèque !

Tous les tutos pour vous aider se trouvent sur ce blog,

à l’onglet TUTOS OUTILS NUMERIQUES

***

7 août 2020 at 09:54 Laisser un commentaire

Quelques nouveautés pour vous accompagner en vacances… ou pas !

Quelques nouveautés

fraichement débarquées

de chez notre libraire !

Des documentaires…

Des romans policiers…

Des romans…

et des romans écrits en grands caractères,

pour celles et ceux qui ont des problèmes de vue…

(ou pas, d’ailleurs) !

Nous avons également renouvelé

le rayon des films

et rapporté des nouveautés de la BDI

pour grands et petits !

 

Vous pouvez les emprunter dès maintenant

ou bien les réserver en ligne

ou à la bibliothèque !

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18 juillet 2020 at 14:27 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 18

La parole à Céline, qui a lu

Siège 7A

de Sebastian Fitzek

Editions L’Archipel

 

C’est l’histoire de plusieurs personnages meurtris :

  • un psychiatre qui doit sauver sa fille ou sauver les passagers de l’avion d’une « bombe » ;
  • un homme ancré dans des convictions extrêmes ;
  • une femme psychologiquement fragile et très instable ;
  • une femme enceinte sous pression.

Ils sont les ingrédients principaux de ce roman dont il ne faut pas trop dire…

Ce livre est un très bon thriller psychologique, qui tient bien en haleine. Il révèle une tension qui monte crescendo, à l’aide de multiples rebondissements. L’auteur exploite une nouvelle fois les blessures et les faiblesses de l’âme humaine sous des aspects différents, selon le personnage. Après le paquebot (dans « Passager 23 »), l’avion devient le décor de l’histoire et l’auteur nous fait à nouveau voyager, mais gare aux turbulences…

Le titre prend tout son sens au cours de la lecture et vous ne verrez plus l’avion de la même manière.

Bon voyage

et n’oubliez pas d’attacher votre ceinture !

 

***

 

15 juillet 2020 at 16:07 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 17 : Stephen King, spécialiste des situations de crise…

Quand on y réfléchit bien,

Stephen King est L’ECRIVAIN qu’il nous faut

pour survivre à cette période de confinement-déconfinement-crise !

Prenez un de ses titres emblématiques, « Shinning »,

rendu encore plus populaire par son adaptation au cinéma :

c’est une situation de confinement !

« La Ligne verte », « Misery », « Dôme »

racontent des histoires de confinement ou d’enfermement !

Avec l’Institut, son dernier roman,

on aborde encore une situation carcérale,

car l’intrigue se passe dans un lieu clos.

 

« Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent dans la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent.

Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.

Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ? »

Comme d’habitude avec Stephen King, il y a quelques chapitres de présentation des personnages, il installe l’histoire à venir. Dans ce roman, pour une fois, ce n’est pas très long, mais si ce n’est pas palpitant, tous les détails comptent. A vous de vous en souvenir…

Puis on entre vite dans le vif du sujet, Luke se retrouve plongé dans l’horreur de cette « prison » pour enfants aux pouvoirs paranormaux. Il a un avantage : son intelligence hors du commun, sa mémoire prodigieuse vont faire de lui bien-sûr un des pivots du roman…

Après des lectures de confinement plus ou moins réjouissantes, peu enlevées, j’avais besoin d’un « page-turner », il me fallait de l’action, du suspense, moi qui ne lit pas forcément beaucoup de thrillers ni de romans fantastiques.

Je peux donc dire que Stephen King m’a redonné le goût de dévorer un livre en fin de confinement !

Je n’avais rien lu de lui depuis « Dôme » en 2013, je ne suis pas déçue,

« l’Institut » est un cru tout à fait honorable

pour les amateurs du genre.

Véronique

Vous pouvez bien sûr trouver « L’Institut » à la bibliothèque, ainsi que de nombreux autres titres de Stephen King.

 

***

8 juillet 2020 at 11:30 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 16 : Sandrine Collette et moi

Sandrine Collette et moi

L’amour ne se commande pas, et il en va de même entre les écrivains et les lecteurs.

Je n’ai pas lu tous les romans de Sandrine Collette. Je n’en ai lu que cinq.

Le premier que j’ai lu d’elle est « Il reste la poussière », paru en 2016, alors que son premier roman « des nœuds d’acier » datait de 2012.

Le dernier, paru en ce début d’année s’appelle « Et toujours les forêts ».

Il a comme un petit goût prophétique en ces temps d’épidémie…

 

Ses romans sont classés en romans policiers, mais je les qualifierais plutôt de romans noirs, qui flirtent souvent avec le fantastique, sans que ce soit le cœur de l’intrigue, mais juste un élément avec lequel les protagonistes doivent composer.

Dès que j’ai mis le pied (l’œil, plutôt) dans son univers, j’ai été happée :

par l’écriture, tendue, précise, sèche, nerveuse ;

par les intrigues, toujours étonnantes, décalées, voire assez incroyables.

par les personnages, entiers, tourmentés, courageux mais pourtant ce ne sont pas des héros, juste des personnes ordinaires, parfois peu aimables, confrontées à des dilemmes, des choix impossibles.

Sandrine Collette a le don de vous installer confortablement dans des histoires épouvantables, où les héros font face à des situations inconfortables (c’est le moins que l’on puisse dire !!!) : atmosphère postapocalyptique, esprit vengeur, coutumes barbares, mère impitoyable, chasse à l’homme et j’en passe et des meilleures !

 

Et là est bien l’énigme : pourquoi suis-je attirée par ses histoires qui ne sont pas agréables, où tout est souvent noir, voir désespéré, où l’inconfort nous tient en haleine et fait qu’on ne lâche pas le bouquin avant la fin ?

Qu’y a-t-il dans la tête de Sandrine Collette ???

Les histoires ne sont jamais « datées » dans le temps, elles se passent quelque part entre 1950-1960 peut-être pour certaines, et aujourd’hui, pour la plupart, même si rien n’est dit. Elles n’en sont que plus universelles.

 

Amateurs d’histoires noires, d’écriture nerveuse et efficace, de « page-turner » comme disent les anglophones des romans qu’on ne peut s’arrêter de lire, tentez l’aventure !

Si vous ne craignez pas l’inconfort d’histoires étonnantes et uniques, je prends le pari que vous ne serez pas déçus !

Mon préféré reste pour l’instant « Juste après la vague », pour son intrigue basée sur un dilemme insupportable…

Bonne lecture !

Véronique

Tous les titres que la bibliothèque possède se trouvent

ici (clic-clic sur le lien)

La bibliothèque départementale (BDI) en possède d’autres,

que vous pouvez retrouver sur leur catalogue

biblio36.fr

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27 juin 2020 at 17:25 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 15

La parole à Liliane, qui a lu

Lettres de Washington Square

d’Anne Icart

Editions Robert Laffont

En faisant du tri dans la maison de sa grand-tante Tine, qui vient de décéder, Zélie trouve des centaines de lettres destinées à son père Michel. Aucune n’a été ouverte. A travers ces lettres, Zélie va découvrir l’existence d’un grand-père dont personne n’a jamais voulu lui parler…

Ce roman nous raconte donc soixante ans de la vie de Baptiste et de Michel, père et fils séparés par la vie et par un océan, l’un à New-York et l’autre dans un petit village des Pyrénées.

L’histoire d’un secret de famille, à l’écriture fluide, facile à lire.

Un bon moment de lecture.

 

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23 juin 2020 at 10:00 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 14, spécial Prix Escapages+

Dans « la vie d’avant »,

le vote pour le prix Escapages,

des plus jeunes aux adultes, aurait dû avoir lieu en avril-mai…

Dans « la vie d’avant »,

les prix pour chaque catégorie

auraient dû être proclamés fin mai…

Mais voilà, Monsieur (ou Madame) COVID-19 en a décidé autrement !

Ce qui ne nous empêche pas de débattre

des quatre romans en lice

pour le prix Escapages+ (adultes)

Merci à Pierre,

qui nous a fait parvenir ses analyses pointues et argumentées.

Je vous les partage, j’y ajoute mon grain de sel,

à vous de réagir,

et j’ajouterai vos avis dans cet article, au fur et à mesure !

 

Habemus Piratam,

Pierre Raufast

Editions Alma

L’auteur nous plonge dans l’univers des hackers professionnels et autres cyber-criminels.

Le Père Francis, curé d’une paisible paroisse dans la vallée de Chantebrie reçoit les confessions chaque vendredi matin. Un vendredi, un homme vient troubler la monotonie des confessions insipides des bigotes du village. Il s’agit d’Alexander, un hacker de haut vol qui ressent le besoin urgent de confesser ses péchés informatiques. Le père Francis est à la fois ravi et excité tant cela le change des habituelles confessions de ses paroissiennes…

Le roman est découpé en courts chapitres qui peuvent se lire comme des nouvelles, chaque chapitre racontant un exploit de pirate : vol d’un Corot au Louvre, vol d’un tapuscrit dans l’ordinateur non connecté à Internet d’une romancière à succès, coupure générale d’électricité à Toulouse pour profiter pleinement des étoiles… Les techniques des pirates informatiques sont décortiquées d’une façon compréhensible pour le néophyte. Certaines sont cocasses, d’autres manquent un peu d’intérêt. Dopé par ces confessions étonnantes, le père Francis fait à son tour des recherches sur le Net, puis sur le Darknet, laissant partout des traces de son passage en bon newbee qu’il est.

Ce qui est étonnant dans ce livre c’est le parallèle entre un monde d’une modernité absolue et celui un peu figé dans les années cinquante ou soixante d’une paroisse au fin fond d’une campagne reculée. Le confessionnal est pratiquement abandonné depuis les années soixante-dix, et rares sont les églises qui en ont encore un aujourd’hui. Le monde dans lequel l’auteur situe son roman ressemble à s’y méprendre au monde rural des années cinquante, et les intrigues qu’il propose ne peuvent se situer que dans les années 2000. Ce grand écart est plutôt malheureux, difficile de porter crédit à ces péchés informatiques dans un tel environnement…

La chute me laisse plus que perplexe. Je ne veux pas la dévoiler ici mais, à mon sens, elle chamboule tout l’ordonnancement du livre par son improbabilité, voire son impossibilité.

Bref, Habemus Piratam est d’une lecture plaisante pour les anecdotes qu’il contient, un roman décevant par le cœur de son intrigue. L’écriture est basique, sans élégance particulière, sans défaut rédhibitoire non plus. Peut-être est-ce cela qui m’a le plus déçu dans ma lecture : son écriture proche de l’électrocardiogramme plat, sans surprise, sans beauté, sans élégance… Et sans émotion…

L’avis de Véronique : Je fais le même constat que Pierre à propos de ce roman. L’idée est alléchante, cela pourrait être amusant, mais ce n’est pas « crédible », même en temps que roman ! Personnellement, l’avalanche de termes techniques m’a un peu perdue, et la fin, en forme de pirouette, n’a pas tout racheté.

***

Diên Biên Phù,

Marc Alexandre Oho Bambe,

Sabine Wespiesser Editeur

« Je n’ai jamais pu m’habituer à la mort, pas même à la mienne.

Je n’ai jamais pu m’habituer à la mort.

Et pourtant je suis mort vivant,

Depuis vingt ans. »

(Marc Alexandre Oho Bambe, Diên Biên Phù, p 25 »

Être ému, bouleversé en refermant un livre, cela m’est déjà arrivé. Pleurer en lisant la dernière page, la dernière ligne, les ultimes mots d’un livre, je n’ai pas souvenir que cela me soit déjà arrivé… C’est pourtant ce que j’ai vécu en refermant « Diên Biên Phù ». Dire que ce petit livre est magnifique est en deçà. Il est d’une beauté fulgurante, d’une profondeur rare, d’une émotion de chaque instant, de chaque mot. L’absurdité de la guerre (celle d’Indochine en l’occurrence), l’horreur absolue, l’enfer, c’est ce qu’a vécu Alexandre, le personnage narrateur. C’est aussi là qu’il a été sauvé de sa propre mort par Maï Lan, la femme au visage de Lune qu’il aime d’un amour entier et qu’il n’oubliera jamais, et par Alassane Diop, son ami noir qui ira le chercher sur le pont où la mort l’attendait. Vingt ans après Alexandre quitte sa femme Mireille (qu’il ne mérite pas, dit-il), ses enfants, pour retrouver l’amour de sa vie.

« Epurer son texte, sa vie. Prendre le temps, non pas de choisir, mais de se laisser choisir par les mots justes. C’est seulement quand on éprouve chaque phrase, dans son corps et son cœur, qu’on sait qu’on y est. Au mitan de nous-même et de nulle part, là où naît, peut-être la littérature. Je crois que je suis parti à la guerre parce que je n’arrivais pas à écrire vrai, écrire juste. Je suis parti pour fuir la norme morne d’un mariage arrangé. Les parents de Mireille et les miens fréquentaient la même église depuis plusieurs années. Je suis parti pour fuir Dieu et connaître l’homme, l’humain. Je suis parti pour me forger un destin. Je suis parti pour arriver disloqué enfin, à la littérature, à la vie.

Je suis parti pour combler le vide. Et toutes les absences dont j’avais l’intuition. Je suis parti me jeter dans les bras en fleurs du hasard qui n’existe pas, dans la gueule béante du loup qui dévore l’enfance paradis.

Je suis parti plonger dans le trou noir de vivre.

Je suis parti à la recherche de ma part manquante.

En quête de moi-même j’avais trouvé Maï Lan.

Mon miracle.

(Idem, p 67, 68 »)

Tout est beau dans ce livre. La façon dont Alexandre parle de Mireille, la femme qu’il quitte pour retrouver son amour d’il y a vingt ans. Mireille, la femme qui prie Dieu. Mireille, la femme qu’il ne mérite pas.

L’amitié entre Alexandre et Diop. L’honneur de l’homme, de l’humain. L’amitié entre Alexandre et monsieur Mo, le patron du restaurant qui lui aussi était dans l’enfer, de l’autre côté et pourtant du même.

Un livre rare…

L’avis de Véronique : Habituellement, je suis la lectrice bon public, qui pleure comme une fontaine quand l’histoire est émouvante, mais… ce livre ne m’a pas touchée autant que ça… L’écriture est belle, travaillée, poétique, l’histoire d’Alexandre est déchirante, réaliste, et pourtant, je n’ai pas adhéré, bien que je sois incapable de dire pourquoi. Comme quoi, on peut passer complètement à côté d’un bon titre, car c’est un bon titre…

***

La Toile du paradis,

Maha Harada,

Éditions Philippe Picquier.

Quel plaisir de découvrir un bon roman, à l’écriture finement ciselée, sans un mot de trop, sans une phrase inutile. L’auteure nous entraîne dans une folle histoire, à la découverte d’un tableau inconnu d’Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau. J’ai appris beaucoup de choses sur Henri Rousseau, sur sa vie, sur son œuvre, sur ses amitiés avec Picasso, Apollinaire entre autres. J’ai appris aussi sur cette époque de foisonnement, de bouleversement artistique du début du vingtième siècle. Orie, une jeune japonaise, historienne de l’art et Tim Brown, assistant conservateur au MoMA de New York sont conviés à Bâle, chez un mystérieux collectionneur, pour expertiser une toile inconnue de Rousseau intitulée « J’ai rêvé ». L’expertise doit se faire sur la base d’un livre en sept chapitres retraçant les dernières années de la vie du peintre. De richissimes marchands d’art essaient d’entrer dans la danse ainsi qu’une femme d’Interpol. En effet, il est possible que sous la peinture de Rousseau se trouve une toile de Picasso, de la période bleue. Il était fréquent à cette époque que les peintres désargentés, se servent d’une toile cédée par un autre artiste pour composer une nouvelle œuvre. Monde de l’art, des experts, vie intime d’Henri Rousseau, intrigues, rebondissements, émotions : un délicieux et intelligent moment de lecture.

« Après tout, qu’était-ce qu’un « bon tableau » ? Quel genre d’artiste pouvait-on qualifier de « bon peintre » ? Personne ne fut bientôt plus en mesure de le définir avec exactitude. Les « bons tableaux », dans tous les cas, n’étaient plus simplement ceux qui capturaient fidèlement sur la toile le sujet placé devant les yeux du peintre- personnage, nature morte, ou paysage. C’était davantage par sa sensibilité exacerbée et sa volonté de devancer son temps que Picasso se distinguait de ses contemporains. » (page 139)

L’avis de Véronique : ce roman est peut-être trop érudit pour moi, je ne l’ai pas aimé. Ce roman, qui nous ouvre au monde des marchands d’art, qui pose les questions que l’on se pose souvent (« Pourquoi ce tableau est une oeuvre d’art et pas celui-ci ? »…), n’a pas eu ma préférence. Je l’ai trouvé long, les différents allers-retours entre les personnages, les époques… Je me suis perdue !

***

La Langue de personne,

Sema Kiliçkaya,

Editions Emmanuelle Collas.

Le sous titre dit : « Humour et tendresse sur l’échec du vivre ensemble. » Un témoignage davantage qu’un roman. Celui de Fatma, fille d’immigrés turcs, qui refuse son héritage culturel en francisant son nom et en partant aux États-Unis. Vingt ans plus tard elle retrouve sa famille, dans leur HLM de toujours. La mère a perdu les mots, atteinte de la maladie d’Alzheimer, le père est en train de mourir, victime d’un cancer.

Pour ne pas devenir folle dans l’ambiance survoltée qui règne dans l’appartement entre sa sœur, son beau-frère, leurs deux enfants, Fatma (Elle n’est nommée qu’une seule fois dans le récit) joue avec les mots, en recherche l’étymologie. En toile de fond les attentats de Charlie Hebdo (les « caricatueurs » comme dit le père), ceux du Bataclan, des terrasses de café et du stade de France. Quand la génération de Fatma a tout fait pour s’affranchir du poids de la religion, celle ce sa nièce se laisse attirer par l’islamisation. La lecture de ces pages laisse un goût amer. Car si des gens comme le beau-frère ne soutiennent pas les attentats, l’intégrisme ; ils refusent cependant que leurs femmes apprennent à conduire, exigent que leurs enfants se marient avec des musulmans et trouvent normal que leurs femmes marchent voilées dans la rue.

« Certes, je connaissais l’existence du verlan, mais n’y entendais rien à l’exception de quelques métathèses connues : oim, oit, ché ap… Les hommes ne s’étaient pas contentés de multiplier les idiomes, ils avaient aussi décidé de prendre les mots à rebours, comme des gants que l’on retrousse, de tronquer des syllabes comme on tranche des têtes : arabe / rabe / ra-beu / beu-ra / beur / rebeu… Mots à rebrousse-poil, à contre-courant de l’usage habituel. » (p.90)

L’écriture est belle, fluide, imagée. C’est un hymne aux mots, à la parole qui unit les peuples, les enrichit. Un très beau livre, mais qui ne laisse pas présager de beaux jours pour nos sociétés « multiculturelles »…

L’avis de Véronique : « la langue de personne » est le roman qui a eu ma préférence, parmi les quatre en lice pour le prix cette année. Il parle de l’appartenance, à un clan, à une famille, à un pays, mais surtout à une langue. Il parle aussi de la difficulté à se sentir chez soi, dans une famille, un pays, une langue… Il parle des rapports que l’on entretient avec les mots, qui peuvent nous sauver parfois, nous servir d’échappatoire. C’est un roman un peu désespéré, mais il m’a touché par sa petite musique et sa finesse d’analyse.

***

N’hésitez pas à nous envoyer vos avis !

 

20 juin 2020 at 08:30 Laisser un commentaire

Le Café-Lecture confiné, épisode 13

La parole à Liliane, qui a lu

Rivage de la colère

de Caroline Laurent

Editions Les Escales

Prix Maisons de la Presse 2020

 

L’histoire se déroule dans l’île de Diego Garcia, qui fait partie de l’archipel des Chagos, qui dépend elle-même de l’île Maurice.

Les habitants y vivent heureux : c’est un petit paradis sur terre, où la vie s’écoule au rythme de la nature. Il y a beaucoup de solidarité, les gens sont sereins. Jusqu’à ce que tout bascule.

En 1967, après 158 ans de domination britannique, l’île Maurice obtient son indépendance. Les Mauriciens vendent l’archipel des Chagos aux Britanniques qui louent l’île de Diego Garcia aux Américains pour y installer une base militaire.

En 1971, les habitants de Diego Garcia sont contraints à l’exil, ils sont expulsés vers l’île Maurice, et perdent tous leurs biens, leurs terres, jusqu’au droit de revenir un jour sur leur île. C’est une tragédie.

Cet épisode historique est narré à travers l’histoire d’amour d’une femme chagossienne, Marie-Pierre Ladouceur, fière, sauvage, rebelle, et de Gabriel Neymorin, un jeune mauricien venu aider l’administrateur de Diego Garcia.

C’est un superbe roman, émouvant, très bien écrit,

un livre que l’on n’oublie pas.

 

***

 

16 juin 2020 at 09:30 Laisser un commentaire

Trouver des idées de lecture… vos bibliothécaires pensent à vous !

Nous ne pouvons plus, pour l’instant,

vous proposer des documents sur des tables ou des présentoirs

pour vous donner des idées de lecture.

Mais nous pouvons quand même le faire virtuellement !

Rendez-vous sur

le catalogue en ligne de la bibliothèque !

(clic-clic sur le lien ci-dessus)

et découvrez les sélections

que nous avons préparées pour vous !

Il y a des « coups de cœur », bien-sûr,

mais aussi des sélections thématiques :

le jardinage, occuper les enfants,

des BD pour les adultes, des romans d’amour,

apéros et cuisine d’été, des albums pour les petits, etc…

Attention : comme il y en a 4 pages en ce moment,

la page est un peu longue à s’ouvrir, soyez patients !

 

Et pour bien utiliser les sélections, il y a même un tuto (format pdf) :

Tuto sélections et coups de coeur

***

 

8 juin 2020 at 10:51 Laisser un commentaire

Les livres déconfinent, suite…

Ils sont plutôt récents,

et de retour dans les rayons.

Si le cœur vous en dit, à vos réservations !

Des romans…

Des romans policiers et de science-fiction…

Des documentaires…

N’hésitez pas à regarder régulièrement les titres que vous attendez,

peu à peu, ils seront à nouveau empruntables.

***

2 juin 2020 at 15:39 Laisser un commentaire

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